Le comte Philipp Ludwig Wenzel Sinzendorf par Hyacinthe Rigaud.
Le comte Philipp Ludwig Wenzel Sinzendorf
par Hyacinthe Rigaud
« Le comte de Sinzendorff acquit le plus de crédit sur l’esprit de son maître. Il travaillait peu, il aimait bonne chère : c’était l’Apicius de la cour impériale ; et l’Empereur disait que les bons ragoûts de son ministre lui faisaient de mauvaises affaires. Ce ministre était haut et fier ; il se croyait un Agrippa, un Mécène. Les princes de l’Empire étaient indignés de la dureté de son gouvernement ; en cela bien différent du prince Eugène, qui, n’employant que la douceur, avait su mener plus sûrement le corps germanique à ses fins. Lorsque le comté de Sinzendorff fut employé au congrès de Cambrai, il crut avoir pénétré le caractère du cardinal de Fleury : le Français, plus habile que l’Allemand, le joua sous la jambe, et Sinzendorff retourna à Vienne, persuadé qu’il gouvernerait la cour de Versailles comme celle de l’Empereur »
UNE IDÉE DE PEINTURE
Portraitiste majeur du roi et de sa Cour, Hyacinthe Rigaud (1659-1743) fixe pour trois siècles l’image du portrait officiel des cours européennes.
Natif de Perpignan, Rigaud arrive à Paris à 1681. Sur les conseils de Le Brun, il se consacre au portrait, genre qu’il élève à sa plus haute expression. Il se fait remarquer du roi et de la Cour avec le portrait de Monsieur, frère du souverain, en 1688 puis de Philippe II d’Orléans.
En 1715, à la mort de Louis XIV, son neveu Philippe II d’Orléans (1674-1723), duc d’Orléans, assure la régence pendant la minorité de Louis XV…, l’année suivante. Louis XIV lui réclame le sien en armure, livré en 1694. Mais c’est surtout le portrait en costume de sacre, daté de 1701, qui assure la célébrité du peintre.
Véritable emblème de la monarchie française, il fige définitivement l’image du portrait d’apparat : colonne et paysage en arrière-plan, draperie chatoyante, pose solennelle, couleurs intenses. Souverains français et européens ne cesseront de se faire portraiturer ainsi jusqu’au XIXe siècle. Rigaud renouvelle sa prestation pour Louis XV en 1730.
UN PEU D'HISTOIRE MODERNE
Philipp Ludwig Wenzel von Sinzendorf, comte de Sinzendorf–Neuburg, né à Graz le 26 décembre 1671 et mort à Vienne le 8 février 1742 fut un ministre d'État autrichien et ambassadeur d'Autriche en France sous Louis XIV de France.
Vice trésorier et échanson de l’Empire, membre du conseil aulique (1695), Sinzendorf se fit principalement connaître outre-Rhin comme ambassadeur à Paris de 1699 à 1701, à la suite de la paix de Ryswick. Conseiller d’Etat en 1700, membre du conseil privé cinq ans plus tard, il est nommé la même année chancelier de la Haute-Cour impériale.
Ambassadeur à La Haye (1709), plénipotentiaire à Utrecht (1711) avant la conclusion du fameux traité homonyme il participe, à Soissons, au début des négociations pour la paix de guerre anglo-espagnole, le 14 juin 1728, et qui annoncera le traité de Séville.
UNE MUSIQUE D'UN BONHEUR CONTAGIEUX
BACH CANTATE BWV 190 OUVERTURE
https://youtu.be/O8jIG5AZn8M
La cantate BWV 190 « Singet dem Herrn ein neues Lied » / « Chantez au Seigneur un chant nouveau » est la première cantate du Nouvel An composée par Bach à Leipzig (1er janvier 1724).
Bach écrivit la cantate durant sa première année à Leipzig à l'occasion de la fête du Jour de l'an qui est également la fête de la circoncision et du baptême de Jésus et la dirigea pour la première fois le 1er janvier 1724. Les lectures prescrites pour ce jour étaient Gal. 3 :23–29 et Luc. 2 :21, la circoncision obligatoire et le choix du nom de Jésus huit jours après sa naissance. Le poète inconnu, peut-être Picander, se réfère seulement de façon générale aux lectures ; il rappelle le choix du nom à la fin du quatrième mouvement, Jesu Namen et il commence chaque ligne de l'aria suivante avec « Jesus ».
Son texte insiste par ailleurs sur la louange et les remerciements pour les présents passés et prie pour de nouvelles bénédictions. Pour le chœur d'ouverture, le poète réunit trois versets du Livre des Psaumes, (psaume 149 : 1 et psaume 150 : 4, 6) et, entre eux, les deux premières lignes du « Deutsches Tedeum » de Martin Luther, Herr Gott, dich loben wir. Les paroles du « Te Deum » reviennent dans le deuxième mouvement, entrecoupées de récitatifs. Le choral de clôture est la deuxième strophe du Jesu, nun sei gepreiset (1591) de Johannes Hermann.
Bach dirigea de nouveau la cantate dans la seconde partie des années 1730. Il est probable que des parties de la musique originale ont été perdues au cours du processus de révision : Pour les deux premiers mouvements, seules subsistent les parties vocales et celles des violons. Bernhard Todt (1904), Walther Reinhart (1948), Olivier Alain (1971), Diethard Hellmann (1995) et Ton Koopman ont tenté de reconstituer les parties manquantes.
Dans son Oratorio de Noël de 1734, Bach a consacré tout le quatrième mouvement du jour de l'an au choix du nom de Jésus, raconté en un vers issu de l'évangile selon Luc et l'a créé le 1er janvier 1735.
