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Jean Baptiste Lully par Nicolas Mignard (1606-1668)

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  « On nous dit que nos rois dépensaient sans compter, Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils. Mais quand ils construisaient de semblables merveilles, Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ? » Sacha GUITRY (1885-1957), Si Versailles m’était conté (film de 1953) UNE IDÉE DE PEINTURE  Jean Baptiste Lully par Nicolas Mignard (1606-1668) Frère du peintre Pierre Mignard, Nicolas Mignard (1606-1668) s’est fait une de ses spécialités de portraiturer des hommes et femmes de cour, y compris le roi et la reine. En effet, il profite du succès de son frère Pierre, appelé à la cour, pour le rejoindre en 1660, après de longues années passées à Avignon – il est aussi connu sous le surnom de Mignard d’Avignon, pour le distinguer de son frère. Reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1663, il y devient professeur puis recteur. On peut donc dater la réalisation du portrait de Lully des années 1660, entre l’arrivée de Nicolas Mignard à Paris et sa mort en...

Philippe V (1683-1746) par le peintre Jean Ranc

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  « Messieurs, voilà le roi d’Espagne. La naissance l’appelait à cette couronne, le feu roi [d’Espagne] aussi par son testament, toute la nation l’a souhaité […] C’était l’ordre du ciel, je l’ai accordé avec plaisir. » LOUIS XIV (1638-1715), à la foule des courtisans, après un Conseil resté célèbre, 16 novembre 1700. Mémoires (posthume), Saint-Simon Louis XIV présente ainsi son petit-fils âgé de bientôt 17 ans, second fils du Grand Dauphin. Le roi a pris avis de son entourage le plus proche, pour décider enfin d’accepter le testament de Charles II. Le cadeau est prestigieux pour la France, mais le risque immense que l’Europe l’accepte mal. La joie à la cour l’emporte largement sur la crainte, en ce jour historique. UNE IDÉE DE PEINTURE Philippe V (1683-1746) par le peintre Jean Ranc (1674-1735) Il s'agit d'un portrait officiel de Philippe V, le premier roi Bourbon d'Espagne. Petit-fils de Louis XIV de France, il naquit à Versailles le 19 décembre 1683 et fut proclamé roi d...

Louis XIV par Charles Le Brun, 1663

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"Il y avait encore d'ailleurs assez de difficulté de le faire réussir: mais à qui peut se vaincre soi-même, il est peu de chose qui puisse résister." Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin (1860)  UNE IDÉE DE PEINTURE Louis XIV par Charles Le Brun, 1663,  premier peintre du roi (1619-1690) Prodige de la peinture dès l’enfance, Le Brun entre au service du roi Louis XIV en 1647 comme « peintre et valet de chambre ». En 1660, il peint pour lui La famille de Darius au pied d’Alexandre, toile installée quelques années plus tard dans le salon de Mars où elle est toujours. Elle vaut à Le Brun sa réputation de génie français de la peinture et sa nomination en 1664 au poste de Premier peintre du roi. Il accumulera dès lors commandes et honneurs. Versailles lui permet d’exercer toute la fougue de son génie. Il réalise là ses plus grands décors qui se succèdent à un rythme effréné : escalier des Ambassadeurs (1674-78), galerie des Glaces (1678-86), salons de la Paix...

Rosalie Filleul (1752–1794) Autoportrait (1775)

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 « Je n’ai eu de Bonheur qu’en peinture », une citation que l'on doit à Élisabeth Louise Vigée le Brun.  UNE IDÉE DE PEINTURE Rosalie Filleul (1752–1794) Autoportrait, Huile sur toile (1775) Anne Rosalie appartient à une famille d’artistes parisiens; elle suit les cours de G. Briard avec Vigée-Lebrun qui vante la beauté de sa consoeur dans ses Mémoires.  En 1777, la jeune femme épouse un écuyer du roi, gardien du château royal de la Muette; veuve, elle conservera les privilèges de cette charge. Malgré son adhésion aux idéaux de la Révolution, elle sera guillotinée durant la Terreur. Portraitiste, à l’occasion miniaturiste, peintre de natures mortes, Filleul mérite assez vite des critiques favorables qui lui ouvrent les portes de l’académie Saint Luc; dans l’Almanach des peintres de 1775, elle figure parmi les peintres de fruits et portraitistes talentueux.  Filleul ne manque pas de commandes : portrait de personnalités telles que Benjamin Franklin et de nombreux memb...

Portrait de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) par Claude Lefèbvre

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« L’intérêt est le plus grand monarque de la terre. Cette ardeur pour le travail, cette passion de s’enrichir, passe de condition en condition, depuis les artisans jusques aux grands. »  MONTESQUIEU UNE IDÉE PEINTURE  Portrait de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) par Claude Lefèbvre, dans cette huile sur toile de 1666 conservé dans le palais de Versailles. Morceau de réception à l'Académie, 30 octobre 1666 ; collection de l'Académie royale de peinture et de sculpture ; saisie révolutionnaire, 1793 ; envoyé à Versailles au musée spécial de l'école française, 1798.  Colbert a été le principal ministre de Louis XIV de 1661 à 1683 après avoir été l'intendant du cardinal Mazarin. Il se met lui-même en scène dans ce tableau de Claude Lefèvre: Colbert est revêtu d'un habit noir orné de l'ordre du Saint-Esprit. Son assiduité au service du souverain est symbolisée par une pendule surmontée d'une statuette d'Hercule soutenant le globe terrestre,...

Antonio Grimaldi (1701-1731) par Hyacinthe Rigaud en 1726

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  "Deo Juvante" ("Avec l'aide de Dieu")  D evise de Lambert Grimaldi, à qui les habitants des seigneuries de Monaco, Menton et Roquebrune ont prêté un serment de fidélité au lendemain d'un complot ourdi par sa belle-mère Pomeline Fregose En 1458. Lambert fit échouer le complot et s'assura la loyauté des habitants. UNE IDÉE DE PEINTURE Antonio Grimaldi (1701-1731) par Hyacinthe Rigaud en 1726 Natif de Perpignan, Rigaud arrive à Paris à 1681. Sur les conseils de Le Brun, il se consacre au portrait, genre qu’il élève à sa plus haute expression. Il se fait remarquer du roi et de la Cour avec le portrait de Monsieur, frère du souverain, en 1688 puis de Philippe II d’Orléans, l’année suivante. Louis XIV lui réclame le sien en armure, livré en 1694.  Mais c’est surtout le portrait en costume de sacre, daté de 1701, qui assure la célébrité du peintre. Véritable emblème de la monarchie française, il fige définitivement l’image du portrait d’apparat : colonne et p...

Louis XV, roi de France (1710-1774), par Alexis-Simon Belle, 1723.

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  "La faveur personnelle du cardinal Fleury a inondé la France non seulement de proscriptions, mais d'expatriations." Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, Mémoires Véritable révolution de palais : la disgrâce du duc de Bourbon et de sa maîtresse Mme de Prie envoie en exil le couple et leurs partisans, dont les frères Pâris, financiers jadis hostiles à Law. UNE IDÉE DE PEINTURE Louis XV, roi de France (1710-1774), par Alexis-Simon Belle, 1723. Le roi Louis XV, âgé de 13 ans, est représenté assis sur un trône en bois doré, placé sur une estrade, sous une draperie rouge. Il est vêtu du grand manteau de sacre fleurdelisé doublé d’hermine et des bottes fleurdelisées à talons rouges. De la main droite, il tient le sceptre de Charles V surmontée de la statuette de Charlemagne et est décoré du collier de l’ordre du Saint-Esprit. Près de sa main gauche, on distingue l’épée, un autre regalia. A la mort de Jacques II, lorsque son fils James Francis Edward Stuart est reconnu roi d...